Le Grand Palais ouvrira demain ses portes pour accueillir 900 tireurs représentant une centaine de pays et qualifiés pour les phases finales des Championnats du Monde d’Escrime 2010 (du 6 au 13 Novembre).  Sabreurs, fleurettistes et épéistes se succèderont toute la semaine afin de déterminer qui, parmi eux, seront les meilleurs du monde dans leur discipline.  L’enjeu est de taille puisque la course à la qualification olympique sera bientôt lancée et que l’accessit à cet événement planétaire passe d’ores et déjà par une bonne performance à ces Championnats du Monde de Paris. Amateur de sport de combat, attendez vous à des rencontres acharnées et à une tension palpable. Voilà qui a le mérite de planter le décor !

Le cadre lui non plus ne laisse pas insensible. Programmé dans les installations olympiques lors de la candidature parisienne aux JO 2008 puis 2012,  le Grand Palais sera le théâtre d’affrontements où noblesse et prestige se mêlera à technologie et performance.  Son plateau devrait permettre d’accueillir plus de 4000 personnes par jour dans une ambiance assurée d’être survolté lorsqu’un bretteur français entrera en piste ! Le pari de la Fédération Française d’Escrime de choisir une enceinte aussi grandiose qu’elle peut paraître démesurée pour un sport « targué» de confidentiel,  a au moins le mérite d’offrir un coup de projecteur à notre sport en manque de médiatisation.

(Trop) Souvent dans l’ombre des sports professionnels/médiatiques, l’escrime française auréolée du titre du plus grand pourvoyeur de médailles françaises depuis la création des Jeux Olympiques modernes, se voit une chance de briller sur ses terres et d’éclore aux yeux du grand public. Mais cette (re)naissance ne se réalisera qu’à deux conditions : dans un premier temps que les athlètes français réalisent une moisson de médailles digne des plus belle années (10 à 12 médailles) et que dans un deuxième temps les médias s’emparent de l’événement et créent le « buz » autour de l’escrime.
Je ne me lancerai pas dans les clichés sur les valeurs sport amateur versus sport pro, ni sur le besoin de retrouver une certaine simplicité autour des sportifs de haut niveau, je dirais juste que chaque escrimeur à une histoire à raconter et qu’il suffit de l’interroger…

Quelles sont les chances de médailles françaises?

L’escrime française a toujours été portée par son collectif. 5 armes sur 6 ont été championnes du monde au moins une fois ces 4 dernières années. Pis, l’équipe d’Epée Masculine est invaincu depuis 2004 (double championne olympique et quadruple championne du monde !!!). Mais je reviendrai plus en détail sur les épreuves par équipe avant qu’elles ne débutent mardi.
Sur le plan individuel, l’Equipe de France dispose de moins de certitude que par le passé. Les raisons sont sans doute multiples mais il est clair que le niveau mondial a franchi dans sa globalité un cap. De nombreux entraineurs de talents se sont expatriés (comme le français Christian Bauer) et beaucoup de « petits » pays se sont donnés les moyens de concurrence les « grosses » nations. La France, la Russie, l’Italie ou bien la Hongrie, autre fois symbole de l’hégémonie planétaire, doivent désormais faire face à une concurrence accrue des pays asiatiques, des Etats-Unis, mais aussi des autres pays européens en quête de succès. Encore plus flagrant, les progrès enregistrés par les pays d’Amérique Centrale et du Sud, ainsi que l’Afrique du Nord.

Et finalement, nos petits « frenchies » dans tout çà ? Je le disais, pour une médaille individuelle, la tâche sera compliquée pour la majorité des 24 français engagés. Aucun athlète français n’a réellement dominé les bilans mondiaux cette année et nos chances reposeront donc sur une poignée d’entre eux qui, le jour J, devront puiser dans le meilleur ce qu’ils savent (ou ont su) faire pour franchir les obstacles qui conduisent à la médaille.  A la volée, voici selon moi, les bonnes chances françaises :

Erwan LEPECHOUX : Numéro 1 mondial dans les années 2005/2006, l’aixois est moins régulier ces derniers mois. Mais avec le public et son tempérament, il peut claquer un coup !
Laura FLESSEL : la plus titrée des escrimeurs français sera encore une fois redoutable et redoutée.
Astrid GUYART : c’est la grosse cote de  ces championnats du monde ! En progression constante, elle échoue par 2 fois aux portes des demi finales d’un grand championnat. Cette fois, elle semble armée pour franchir le cap.
Bolade APITHY : Bronzé au Championnat d’Europe en Juillet, il peut rêver à pareille fête s’il reproduit le même niveau de performance.
Gauthier GRUMIER : numéro 1 mondial l’an passé, il est capable de se transcender devant le public parisien pour aller chercher une médaille individuelle.
Jean-Michel LUCENAY : Double champion d’Europe, il sera attendu et aura à cœur d’inscrire enfin son nom au palmarès mondial.

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Publié par Sarah

Je suis escrimeuse en équipe de France depuis plus de 20 ans. Médaillée olympique, je partage ma vision sur le sport, son économie, sa digitalisation, sa politique, etc. Je suis aussi une digital native, passionnée par l'innovation et l'High Tech.

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